FRANCE · EUROPE · MONDELes affaires publiques, en clair.10 OCTOBRE 2026
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Diesel russe : la dérogation américaine met en lumière le fossé avec les sanctions européennes

Washington autorise des transactions jusqu’en avril 2027. Les volumes annoncés par Donald Trump ne sont pas des livraisons vérifiées, alors que l’UE maintient ses restrictions énergétiques.

ARCHIVE : la raffinerie de Iaroslavl photographiée le 11 mai 2021. Cette image ne documente aucune livraison au titre de la décision américaine du 9 octobre.
Archives · Svtk44 / Wikimedia Commons · 11 mai 2021 · CC BY-SA 4.0 · photographie d’archive, recadrage d’affichage sous la même licence · Licence · Recadrée pour l’affichage. Image de contexte, et non photographie de cet événement.

Les États-Unis ont ouvert vendredi 9 octobre une dérogation permettant des transactions liées au gazole d’origine russe, y compris son importation sur le territoire américain. Donald Trump affirme avoir obtenu de Vladimir Poutine la mise sur le marché de plusieurs millions de tonnes. Pour Paris et ses partenaires européens, la décision ravive un dilemme : contenir les prix de l’énergie tout en réduisant les recettes qui alimentent la guerre menée par Moscou contre l’Ukraine.

Une autorisation, pas une livraison

La licence générale 135 du Trésor américain autorise jusqu’au 7 avril 2027 la vente, la livraison, le déchargement et l’importation de gazole d’origine russe malgré certaines interdictions liées aux sanctions. Elle exclut les débits de comptes détenus dans des banques américaines par la Banque centrale russe, le Fonds national de richesse et le ministère russe des Finances. Le document ne mentionne ni cargaison déjà arrivée, ni acheteur, ni prix.

Les volumes annoncés restent à confirmer

Selon Trump, plus de 300 000 tonnes seraient fournies immédiatement, 500 000 tonnes en novembre, puis un million de tonnes et trois millions supplémentaires. L’AP et Reuters ont rapporté cette annonce présidentielle. Ces chiffres décrivent un calendrier envisagé, non un bilan de livraisons vérifiées. L’effet sur les prix dépendra des cargaisons réellement mises en circulation et de leurs destinations.

L’enjeu pour l’Union européenne

Le Conseil de l’Union européenne a prolongé jusqu’au 31 juillet 2027 ses sanctions économiques contre la Russie, qui comprennent notamment l’interdiction d’importer ou de transférer du pétrole brut et certains produits pétroliers russes acheminés par mer. La dérogation américaine ne modifie pas ces règles européennes. Elle révèle cependant une différence de stratégie entre alliés : Washington cherche une offre supplémentaire de carburant alors que l’UE dit vouloir limiter les revenus énergétiques de la Russie.

Les prochaines vérifications

Les mouvements de navires, les documents douaniers et d’éventuelles précisions de Washington ou de Moscou permettront de mesurer la portée réelle de l’annonce. La photographie d’archive ci-dessus montre une raffinerie à Iaroslavl en 2021 ; elle ne prouve pas que ce site participe à l’accord évoqué vendredi.

La réaction de Volodymyr Zelensky

Après la publication de cet article, Volodymyr Zelensky a dénoncé la dérogation américaine, estimant qu’elle pourrait accroître les ressources de Moscou pour la guerre. Dans un entretien accordé à Axios, il a dit qu’un assouplissement des sanctions énergétiques aurait pu être envisagé dans le cadre d’un arrêt réciproque des frappes contre les infrastructures énergétiques durant l’hiver. Aucun accord de ce type n’a été annoncé. L’effet réel sur les recettes russes dépend encore de livraisons et de paiements vérifiables.

Sources et vérification

Sources vérifiées le 10 octobre 2026

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