FRANCE · EUROPE · MONDELes affaires publiques, en clair.10 OCTOBRE 2026
LE REGARD
ET LE CONTEXTE
ORBEVANCE
La politique en perspective.
À propos du journal
France
France / États-Unis / Justice internationale

La France s’oppose aux sanctions américaines contre la CPI, le jour du Nobel de Navi Pillay

Washington vise désormais la Cour elle-même. Paris et sept partenaires redoutent des conséquences pour ses enquêtes, son personnel et les victimes des crimes les plus graves.

Navi Pillay prend la parole lors d’un symposium sur la justice internationale le 29 août 2018. Archive : cette image ne montre pas la cérémonie du Nobel 2026.
Archives · Wayamo Foundation / Wikimedia Commons · 29 août 2018 · CC BY-SA 2.0 · photographie d’archive, recadrage d’affichage sous la même licence · Licence · Recadrée pour l’affichage. Image de contexte, et non photographie de cet événement.

La France et sept autres États ont contesté vendredi 9 octobre les sanctions américaines visant la Cour pénale internationale en tant qu’institution. Le Trésor américain a inscrit la CPI sur sa liste des entités sanctionnées, une étape plus large que les précédentes mesures visant des magistrats et des procureurs. Pour Paris, signataire du Statut de Rome, l’enjeu est désormais concret : préserver la capacité de la Cour à travailler malgré les restrictions sur ses services.

Ce qui change pour la Cour

Le bureau américain chargé des sanctions, l’OFAC, a publié l’inscription de la CPI et quatre licences générales autorisant certaines opérations, notamment liées aux télécommunications, aux logiciels d’entreprise, aux retraites et aux personnes détenues. Reuters fait état d’un délai initial de six mois pour mettre fin à certaines relations d’affaires. Le secrétaire d’État Marco Rubio présente la décision comme une réponse aux procédures touchant des ressortissants américains et des responsables israéliens. Il s’agit de la justification avancée par Washington, et non d’une conclusion judiciaire sur les dossiers de la CPI.

Paris dans une réponse collective

Dans une déclaration commune publiée par le ministère allemand des affaires étrangères, la France, le Royaume-Uni, le Canada, le Danemark, l’Allemagne, l’Italie, le Japon et les Pays-Bas affirment leur désaccord avec les sanctions. Les ministres préviennent qu’elles pourraient affecter le travail de la Cour, ses agents et leurs familles. Ils promettent de soutenir son mandat et d’ouvrir le dialogue avec les États non parties au traité. Leur texte ne décide toutefois pas encore d’une riposte juridique précise.

Des enquêtes exposées aux contraintes matérielles

La CPI estime que la mesure cherche à entraver son fonctionnement et demande à ses 125 États parties de l’aider à poursuivre ses enquêtes et procès. La question immédiate porte sur les banques, les fournisseurs informatiques et les autres services nécessaires à une juridiction chargée de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de génocide et d’agression. Une réponse européenne reste à définir ; évoquer une protection possible ne signifie pas qu’elle soit déjà adoptée.

Le Nobel, le même jour

Quelques heures avant l’annonce américaine, le comité Nobel norvégien a décerné le prix de la paix 2026 à Navi Pillay, ancienne juge de la CPI, pour son action en faveur de la paix et du droit international. Le comité a souligné les pressions subies par les juridictions internationales. Cette chronologie est remarquable, mais aucun document officiel consulté ne démontre que le prix a provoqué les sanctions. La photographie ci-dessus montre Mme Pillay lors d’une conférence en 2018, pas lors de la remise du prix.

Sources et vérification

Sources vérifiées le 9 octobre 2026

Poursuivre la lecture

ARCHIVE : la raffinerie de Iaroslavl photographiée le 11 mai 2021. Cette image ne documente aucune livraison au titre de la décision américaine du 9 octobre.ARCHIVES / CONTEXTE
Svtk44 / Wikimedia Commons · 11 mai 2021 · CC BY-SA 4.0 · photographie d’archive, recadrage d’affichage sous la même licence · licence · recadrée
États-Unis / Russie / Union européenne

Diesel russe : la dérogation américaine met en lumière le fossé avec les sanctions européennes

Washington autorise des transactions jusqu’en avril 2027. Les volumes annoncés par Donald Trump ne sont pas des livraisons vérifiées, alors que l’UE maintient ses restrictions énergétiques.

Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, à Washington le 1er mai 2025. Portrait d’archive ; ce n’est pas une photographie de l’adhésion syrienne.ARCHIVES / CONTEXTE
Freddie Everett / U.S. Department of State · Washington, 1er mai 2025 · domaine public · portrait recadré · licence · recadrée
Syrie / France / Désarmement

Armes chimiques : Paris salue l’entrée de la Syrie dans une coalition contre l’impunité

Dans une déclaration du 5 octobre, la France annonce l’adhésion syrienne au partenariat qu’elle préside. L’identification et la destruction des éléments restants du programme chimique demeurent un chantier distinct.